Je suis née au Maroc d’une mère marocaine et d’un père Syrien. J’ai plus tard étudié en France, puis passé quelques mois en Espagne et aux États-Unis. Mais c’est ici, au Québec, que j’ai bâti ma vie. Je m’y épanouis depuis maintenant 20 ans. Et c’est à la Fondation CHU Sainte-Justine que je laisserai, un jour, une partie de mes acquis.

J’ai deux garçons en pleine santé qui n’ont jamais même mis les pieds à Sainte-Justine. Ils ont 10 et 12 ans et sont tous les deux brillants. C’est cette chance inouïe de les avoir forts et aptes à faire leur chemin dans la vie, qui m’a amenée à vouloir redonner au suivant. J’ai donc récemment décidé de concrétiser un rêve philanthropique auquel je réfléchissais depuis longtemps : un don testamentaire. Et la Fondation CHU Sainte-Justine m’est apparue comme la cause toute désignée vers laquelle diriger ce don.

Mon père vous dirait que j’étais depuis mon plus jeune âge la candidate idéale pour planifier un legs à un organisme de bienfaisance.

C’est que le partage est une habitude qui m’apporte du bonheur. Je viens d’un pays où cette valeur est essentielle, normalisée. J'ai d’ailleurs été touchée qu'ici, à partir du moment où j’ai tenu mon premier garçon dans mes bras, on m’ait demandé de penser aux autres enfants. J’ai d’abord offert le sang du cordon, puis donné mon lait maternel. Ces gestes de solidarité étaient naturels pour moi : nous sommes tous interreliés, même dans une société développée comme le Québec.

Arrivée au Canada avec un diplôme d’expert-comptable, j’ai débuté comme employée dans un café, puis j’y suis devenue gérante. C’est à la naissance de mon fils aîné que s’est réveillé en moi ce besoin de m’occuper des plus petits. J’ai donc ouvert en 2013 une garderie à laquelle je me donne cœur et âme depuis, et entamé un baccalauréat en psychologie de l’enfant. Ayant auparavant fait du bénévolat dans des orphelinats au Maroc, j’aurai dédié une grande partie de ma vie aux enfants. Je considère mon legs comme la poursuite naturelle de mon engagement envers eux.

L’amour de la famille est une valeur qui guide mon quotidien. C’est ce qui m’a interpelée dans l’univers de Sainte-Justine : cette volonté de soigner l’enfant, mais de s'occuper aussi de ceux qui l’entourent. Cette ambition de voir au bien-être de chacun pouvant contribuer au mieux-être du patient.

J’ai choisi de laisser à la Fondation le soin de diriger mon don vers les besoins qui seront les plus pressants le moment venu. J’ai pleinement confiance que ma contribution sera utilisée à bon escient. Je veux accompagner l’institution dans les opportunités de la pédiatrie de l’avenir. Aider les chercheurs et le personnel médical à persévérer, parfois là où les réponses tardent à venir.

J’ai parlé ouvertement de mon don par testament avec mes garçons. Ils comprennent l’esprit dans lequel j’ai fait ce choix. Une fois la pandémie derrière nous, ils visiteront Sainte-Justine. Même s’ils n’ont jamais eu besoin de son expertise rassurante, je sais qu’ils seront, comme moi, heureux de faire une différence dans le parcours de ceux pour qui cet endroit est vital.

Maï Tabbara

Membre du Fonds du futur

*Les propos tenus dans cet article n’engagent que la personne signataire et ne doivent pas être considérés comme étant ceux de la Fondation CHU Sainte-Justine.