Pour faire face aux virus, les projets de recherche sont d’une importance capitale. Face à l'un encore étant méconnu comme le coronavirus, nous devons rapidement comprendre comment il agit et pouvoir ainsi contenir sa propagation au maximum, trouver des traitements efficaces pour les différentes populations et ultimement, prévenir son apparition chez tous les individus.

Centre désigné pour le dépistage et l’hospitalisation des enfants atteints de la COVID-19 au Québec, reconnu pour son expertise en infectiologie et leader en médecine de précision, le CHU Sainte-Justine a mis en branle plusieurs projets porteurs dans le contexte de la crise, mais également afin d’en prévenir de futures. Et il a besoin de vous pour les réaliser.

Traiter les patients atteints de la COVID-19 grâce à un programme de partage d’anticorps par plasma convalescent 

Et s’il était possible d’utiliser du plasma de patients guéris de la COVID-19 pour fournir aux patients présentement malades les anticorps nécessaires à combattre le virus? Appelé ‘’plasma convalescent’’, ce plasma a été utilisé historiquement dans plusieurs situations d’épidémies et de pandémies, notamment contre l’influenza, le SRAS et l’Ébola. Plusieurs études ont établi une diminution importante – jusqu’à 75 % – du risque de mortalité. Administré pour éviter la progression de la maladie lors des premiers symptômes, le traitement pourrait donc prévenir le développement de la COVID-19 chez les patients.

Dans le cas de la crise actuelle, ce programme d’immunisation a été utilisé en Chine, en Italie et commence maintenant à être utilisé à New York. Sous le leadership du Dr Philippe Bégin, chercheur-clinicien au CHU Sainte-Justine, toute la communauté scientifique québécoise est maintenant mobilisée pour soutenir une telle approche au Québec. Le Dr Bégin a entamé des collaborations avec plus de douze hôpitaux québécois pour participer à un essai clinique qui validerait le bien-fondé de cette approche. Suite à la confirmation de l’efficacité de l’essai clinique, une offre clinique généralisée sera déployée. 

Il existe un large consensus dans le monde de la recherche quant à l’utilité et la pertinence de cette option thérapeutique en cas de pandémie. Le contexte de crise actuelle accentue l’importance de mettre en place un programme permettant de lever ces barrières le plus rapidement possible pour que ce traitement soit disponible à la population rapidement. Ici, il n’est pas question d’un médicament en tant que tel; la clé repose sur la solidarité des Québécois à partager leurs anticorps dans l’esprit de donner au suivant.

Peu d'études nous disent quel tel type d'anticorps ou quelle quantité de plasma est nécessaire dans ce type de cas. La meilleure façon d'y voir plus clair est de rassembler le plus rapidement possible la plus grande quantité possible de données.Dans cette course contre la montre, la meilleure façon d'aller vite c'est d'être plusieurs à faire le même protocole pour mettre toutes les données ensemble.

Dr Philippe Bégin

Chercheur-clinicien
CHU Sainte-Justine
Duo Recherche 1
Dr Bégin, et un de ses patients, Joseph

Production d’un anticorps monoclonal pour éviter la pénurie d’un médicament efficace 

Certaines personnes développent des symptômes graves de la COVID-19, notamment le syndrome de détresse respiratoire aiguë et de défaillance multiviscérale. Pour y remédier, il existe certaines approches anti-inflammatoires, comme l’anticorps monoclonal anti-RIL6 (dirigé contre le récepteur IL6), commercialisé par la pharmaceutique Roche sous le nom de Tocilizumab, déjà utilisé en contexte de COVID-19. Toutefois, la demande actuelle accrue met à risque Roche de ne pas en produire suffisamment pour répondre aux besoins grandissants. 

Afin d’éviter ce scénario et pouvoir sauver le plus de patients possible, le CHU Sainte-Justine, en collaboration avec l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et le National Research Council, souhaite produire un bio-équivalent de l’anticorps monoclonal anti-RIL6.  Si cela fonctionne, il s’agira d’une opportunité de pouvoir prêter mains fortes aux institutions du Québec, ainsi qu’à l’échelle nationale. 

Comprendre les mécanismes responsables des cas graves de la COVID-19 pour mieux prévenir et traiter 

Depuis le début de la crise de la COVID-19, il semble que les enfants aient une réponse unique au virus : peu en sont affectés et y succombent, certains sont même asymptomatiques. Plusieurs théories sont évoquées pour expliquer cette réponse distincte entre l’adulte et l’enfant, mais à l’heure actuelle, personne n’a de réponses.

En disséquant la réponse immunitaire chez les enfants et les adultes de tous âges, ce projet multidisciplinaire combinant une étude clinique et de la recherche translationnelle verra si certains facteurs génétiques ou physiopathologiques favorisent la survenue de formes graves de la maladie. 

Comprendre ces facteurs est crucial afin de mettre en place de meilleures mesures de prévention, d’intervention et de thérapie adaptée pour les patients de tous âges, de corréler l’évolution du virus avec la sévérité clinique et d'enrayer la progression de la maladie.

Combattre la COVID-19, c’est comme construire l’avion pendant qu’il vole.

Dre Caroline Quach

Pédiatre, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste ​
CHU Sainte-Justine

Fournir des données aux chercheurs leur permettant de développer des mesures préventives face à la COVID-19

Bien que la crise de la COVID-19 soit la plus récente pandémie, il ne s’agit vraisemblablement pas de la dernière. En utilisant des approches épidémiologiques et d’apprentissage automatique, l’objectif des chercheurs du CHU Sainte-Justine est de développer de meilleures approches préventives pour faire face aux prochaines crises.

En recueillant des données sur les patients quant à leur exposition au virus, leurs informations démographiques, biocliniques et génétiques, ainsi qu’en mesurant l'infection à COVID-19 dans des échantillons biologiques (sérologie) de la population québécoise, l'objectif est de fournir aux chercheurs canadiens des informations épidémiologiques et des échantillons représentatifs de la population nécessaires à leurs travaux sur la COVID-19. 

Avec ses experts en apprentissage automatique (machine learning), le Centre de recherche souhaite créer un modèle pouvant prédire l’évolution d’une épidémie et l’impact des interventions de santé publique. 

Étude des urgences québécoises : perspectives et expériences des soignants des départements d’urgence pendant la pandémie COVID-19 

Durant une pandémie, le personnel soignant s’expose à un virus constamment, tout en devant soigner l’influx de patients, amenant une forme de pression et d’anxiété sans précédent. Bien qu’ils soient formés pour y faire face, il n’en demeure pas moins que la pratique sous ses conditions extrêmes peut avoir des répercussions importantes. 

L’objectif de l’étude vise à mieux comprendre : (1) les réflexions sur le risque pour soi-même par rapport à l’obligation de soigner; (2) l’impact d’une pandémie sur la relation de soin à l’urgence et le vécu des soignants d’urgence dans le contexte d’allocation de ressources limitées; (3) l’impact ressenti des relations entre les différentes institutions et paliers de gouvernement sur le professionnel ou employé du système de santé. 

Ce projet comptera un objectif secondaire de recherche-action, où les participants seront encouragés à identifier des pistes de solutions aux enjeux identifiés au cours de l’étude, et les rapporter à leurs supérieurs. Ainsi, certaines solutions pourront être mises en place à même le contexte de la COVID-19, résultant en un impact immédiat sur l’amélioration de leur bien-être.  

Les résultats obtenus permettront de comprendre de façon prospective l’évolution du vécu des soignants à l’urgence à travers une pandémie, ce qui n’a encore jamais été documenté. Ils serviront à informer les institutions quant aux enjeux critiques auxquels fait face la première ligne soignante lors d’une crise de santé mondiale afin de proposer des innovations concrètes pour y répondre. Les conclusions dressées seront également utiles pour préparer et former les soignants à ce rôle unique et rare que sont les soins d’urgence en contexte de pandémie. 

En devenant donateur de première ligne, vous soutenez la recherche au CHU Sainte-Justine.

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