L’aventure de Camille débute en 1992 alors que ses parents sont en voyage de noces en République dominicaine. Quand la mère de Camille perd ses eaux en plein voyage, son père l’amène dans une petite clinique locale. Un médecin l’examine et fait un diagnostic sombre : il n’entend pas le cœur de Camille. 

Heureusement, Camille choisit ce moment pour donner quelques petits coups de pieds dans le ventre de sa mère, pour rassurer ses parents. Après plusieurs heures de voyage, les parents de Camille débarquent à Sainte-Justine en urgence. Ils sont un peu plus rassurés, se sachant dans un des meilleurs centres de soins néonataux en Amérique du Nord. 

Cinq heures après leur arrivée à l’hôpital, Camille naît par accouchement naturel. Ses parents ont seulement le temps de l’entrevoir, car elle est transportée d’urgence aux soins intensifs où elle est réanimée et intubée. C’est alors que commence son long combat pour survivre.

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Camille et ses parents pendant son hospitalisation à Sainte-Justine.
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Camille passe d’abord 7 semaines aux soins intensifs néonataux, où quelques complications causent beaucoup d’inquiétudes à ses parents. Après 3 mois d’hospitalisation, grâce aux bons soins qu’elle reçoit à Sainte-Justine, Camille sort enfin de l’hôpital.

Le retour à Sainte-Justine

On avance dans le temps jusqu’en 2015, plus de 20 ans après cet épisode marquant. Camille va bien et ne garde pas de séquelles de sa naissance prématurée. Elle habite à Québec, où elle fait une maîtrise en sciences pharmaceutiques dans le domaine de la pharmacogénomique. C’est alors qu’elle participe à l’étude HAPI du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine menée par la Dre Anne Monique Nuyt, qui porte sur la santé globale des grands prématurés.

En revenant à Saint-Justine pour l’étude, j’ai réalisé que je pouvais faire de la recherche sur la prématurité. Ça ne m’avait jamais traversé l’esprit auparavant!

Camille Girard-Bock

Après une discussion téléphonique enthousiaste avec Dre Nuyt, elle intègre en 2016 le laboratoire de recherche en néonatalogie et poursuit ses études au doctorat en sciences biomédicales à l’Université de Montréal. Elle y travaille sur les conséquences cardiovasculaires à long terme des jeunes adultes nés très prématurément. Elle fait donc des recherches… sur elle-même!

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Camille s'implique activement dans ses recherches sur la santé des jeunes adultes prématurés.
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Au départ, les gens au laboratoire avaient peur que les résultats me causent un stress ou m’inquiètent. Au contraire, d’être moi-même grande prématurée me permet d’avoir un œil nouveau sur notre approche avec les participants, puisque j’ai une bonne compréhension des deux côtés.

Depuis son arrivée à Sainte-Justine, Camille s’implique aussi dans divers projets qui touchent le Centre d’excellence en néonatalogie, comme le Mur d’Espoir, dans le but de soutenir les familles qui passent par le même chemin que celui de ses parents. Elle s’investit aussi à développer un sentiment de communauté chez les adultes de sa cohorte nés prématurément, un sentiment trop souvent inexistant. Son but : redonner au suivant et faire une réelle différence dans la société. Un objectif partagé par la Fondation et ses donateurs, qui soutiennent les travaux de recherche en néonatalogie menés par la Dre Nuyt.

Ma prématurité a évidemment un impact sur ma vie. Après mon doctorat, je veux me diriger soit en médecine ou en santé publique. Une chose est certaine : ça fait partie de mon identité et ce sera toujours un sujet très important pour moi.