Lou et Zoé sont arrivées trop tôt, voire bien trop tôt, pour affronter le monde extérieur. Heureusement elles ont eu la chance de naître dans cette belle ville de Montréal et mieux encore, à Sainte-Justine. Cet hôpital est pour moi, pour ma femme, pour nous 4, notre seconde maison, notre seconde famille.

Notre histoire avec Sainte-Justine a commencé très tôt après la découverte de la grossesse de ma femme Dorothée, en novembre 2016, lorsque nous avons été admis d’urgence suite à une importante perte de sang. Pensant avoir perdu notre bébé, nous avons eu l’immense surprise d’apprendre que non pas un, mais deux cœurs battaient dans son ventre. Dès lors, les visites se sont multipliées afin d’assurer un suivi des plus soignés sur la santé de ces deux princesses qui allaient venir illuminer nos vies.

Illuminer nos vies de façon très prématurées puisque le 25 mars 2017, Dorothée intégrait le service GARE de la nouvelle unité de l’hôpital après avoir perdu les eaux. Après 4 jours d’hospitalisation et malgré tous les excellents services reçus, Lou et Zoé ont décidé qu’il était temps de venir, à leur tour, visiter le nouveau pavillon de Sainte-Justine.

C’est ainsi qu’elles sont nées le 29 mars 2017, à 26 semaines de gestation. Le monde s’est littéralement figé, et moi, papa j’étais perdu entre la découverte des soins intensifs, le monde de la néonatalogie et l’absence de maman, hospitalisée dans un autre service, en isolement après l’accouchement. 

La prématurité, ça ne se raconte pas, ça se vit. Par vivre, j’entends plutôt subir, endurer, mais aussi et surtout, s’exalter à la moindre petite victoire qui peut sembler insignifiante. Ces victoires sont possibles grâce à l'ensemble d'une équipe soignante aux doigts de fée, dans laquelle chaque membre a un rôle déterminant. 

C’est à la fois indescriptible et magnifique de se faire tenir les mains pour apprendre à pratiquer les soins sur nos petites cacahuètes, et c’est rassurant de se faire expliquer ce qui se passe et comment vont se passer les prochains mois.

Jumelles Lou Et Zoe Sibiude Neonat1
Jumelles Lou Et Zoe Sibiude Neonat2
Jumelles Lou Et Zoe Sibiude Neonat3

Que ce soit aux soins, à l’administration, ou à l’entretien, tous se présentent au quotidien avec un sourire, une main bienveillante, une douce parole, une oreille attentive, un regard compatissant, une âme pure, un ange gardien, notre seconde famille tout simplement. Présent et à l’écoute, les membres du personnel nous ont permis de surmonter nos craintes et nous avons avancé chaque jour avec eux, grâce à eux, main dans la main. Aujourd’hui, un lien d’attachement très fort me lie à eux.

C’est avec des infirmières que j’ai partagé mes premiers moments avec mes filles, notamment mon premier peau à peau. Dans cette épreuve qu’entraîne une naissance prématurée, je me suis senti écouté, soutenu, tout en étant convaincu que les soins qui sont apportés à mes bébés sont les meilleurs au monde.

Ludovic Infirmiere
Avec Janick, une infirmière au grand cœur

Nous nous sentons écoutés, soutenus, encadrés de la meilleure des façons possibles. Et cette humanité, elle vit aussi à travers les nouvelles infrastructures. En néonatalogie, l’aménagement de l’espace, dédié aussi bien aux enfants qu’aux parents, favorise l’implication de ces derniers, tout en respectant l’intimité de chacun. Oui, l’innovation permet tous les jours de sauver la vie de petits bouts qui ne tiennent qu’à un fil, mais l’humanisation des soins est le maître mot.

Sainte-Justine a été à nos côtés durant les 9 mois d’hospitalisation des jumelles, avec des moments plus durs que d’autres... mais Sainte-Justine aura toujours pour moi, pour nous, une place particulière dans nos cœurs. 

Non, on ne s’ennuie pas des soins, mais le personnel manque tous les jours depuis notre congé. Sainte-Justine est bien plus qu’un hôpital. C’est la maison de nombreux marraines et parrains adoptifs, des médecins aux infirmiers, en passant par tout le personnel qu’on ne mentionne jamais, mais qui fait en sorte que Sainte-Justine soit tous les jours une maison accueillante pour les familles et enfants en détresse.

Sainte-Justine, on t’aime.

*Les propos tenus dans cet article n’engagent que la personne signataire et ne doivent pas être considérés comme étant ceux de la Fondation CHU Sainte-Justine.

Lou Zoe
Lou et Zoé, à l'été 2018