La famille de Joyce a quitté l’Angola il y a cinq ans. Pour fuir les souffrances qu’on lui a infligées. Pour mener une vie meilleure. Du Brésil au Québec, les défis se succèdent. Puis il y a Sainte-Justine. Cette destination, cette grande famille, qu’elle n’oubliera jamais. Julia et Patrick trouvent refuge dans les bras de ses équipes qui leur ont redonné foi en l’humanité et le bonheur incommensurable d’être à nouveau parents.

Avril 2015, à Huambo : une fusillade éclate à l’église. Celle-ci est persécutée par le gouvernement. La fille cadette de Patrick et Julia est touchée mortellement à la tête. C’est le drame. La famille court vers la sortie. Julia est aussi blessée. Leur quête de liberté commence ici.

Accueillis comme réfugiés au Brésil, les temps sont meilleurs pour Julia, Patrick et leur fille aînée, mais des épreuves s’ajoutent. Julia perd un premier bébé à cinq mois de grossesse. Puis deux autres fausses couches s’en suivent.

La famille quitte le Brésil pour le Québec et à sa grande surprise, Julia tombe enceinte à nouveau. Inquiète et éprouvée des dernières années, elle craint que ce petit miracle ne s’envole aussi. L’alarme retentit à cinq mois de grossesse. Encore. Le sac amniotique de Julia se perce. Admise à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Julia est aussitôt transférée au CHU Sainte-Justine, où elle donne rapidement naissance à une petite fille. Joyce est née en pleine pandémie, le 19 avril 2020, à 24 semaines et 2 jours. C’est une première victoire pour la famille. Pour Joyce, c’est un parcours de guerrière qui commence.

Dès le lendemain, du haut de ses 660 grammes, Joyce entre en salle d’opération. Sa stomie est perforée. L’intervention permet de la corriger et de la conserver durant trois mois, afin de laisser reposer ses intestins.

Je n’oublierai jamais ce moment. Alors que je reprenais confiance en la vie, une peur immense s’est mise à m’envahir : celle de perdre ce précieux cadeau inattendu. Mais une force de vivre m’habitait depuis la naissance de Joyce.

Julia

Maman de Joyce
Joyce04
Joyce en peau à peau à quelques semaines de vie, avec son papa.

Comme tous les grands prématurés, les poumons de Joyce sont encore immatures. Elle a besoin d’oxygène d’appoint. Elle nécessite aussi une intervention qui vise à refermer son canal artériel. Ce vaisseau sanguin, qui relie le tronc pulmonaire à l’aorte, se ferme habituellement naturellement chez les bébés nés à terme. Chez Joyce, cette malformation persiste et fait travailler son cœur beaucoup trop fort.

Sainte-Justine procède ainsi, à dix semaines de vie, à la fermeture de son canal par cathétérisme cardiaque. Le Dr Joaquim Miró, cardiologue au CHU Sainte-Justine, et son équipe, lui installent délicatement une prothèse de la taille d’un petit pois, capable de guérir sa condition. Cette technique, dont Sainte-Justine a été l’un des premiers centres hospitaliers dans le monde à la pratiquer en 2011, consiste à passer par des veines millimétriques et nécessite des experts et une salle hautement sophistiquée : tout cela ne serait possible sans l’appui des donateurs comme vous.

La salle de cathétérisme cardiaque dans laquelle nous réalisons toutes nos interventions, a été permise grâce à l’immense générosité des donateurs. Et que dire des fellows qui contribuent à guérir ces enfants et qui bénéficient des bourses d’excellence de la Fondation. J’ai d’ailleurs moi-même été formé à Boston, il y a 30 ans, avec l’aide de la Fondation.

Dr Joaquim Miró

Cardiologue
CHU Sainte-Justine
GB1 0618
© Geneviève Beaupré
GB1 0581
GB1 0543
GB1 0656

Sa joie de vivre : le soleil d’aujourd’hui

Joyce est rentrée à la maison après 156 jours en néonatalogie. Aujourd’hui, grâce à l’amour inconditionnel de ses parents et du soutien de la grande famille de Sainte-Justine dont vous faites partie, elle va bien. Elle fait honneur à son prénom qui symbolise la joie dans sa langue maternelle. Le sourire de Joyce ensoleille toute la maison. Il procure maintenant à Julia, Patrick et sa grande sœur, le sentiment qu’un nouveau chapitre commence enfin. Celui d’un avenir où bonheur et sérénité se conjuguent.

Cette année, Julia célèbre sa première fête des Mères avec ses deux filles à la maison et elle ne pourrait être plus reconnaissante.

J’étais une femme triste et abattue par ce que nous avons vécu. Sainte-Justine nous a redonné la vie, comme personne n’avait réussi à le faire. Ses équipes soignent avec leurs mains tout en réchauffant votre cœur. Mon vœu le plus cher est qu’elles puissent continuer d’être aussi exceptionnelles avec tous les bébés prématurés comme Joyce.

Julia

Maman de Joyce

Au nom de toutes les mamans et de leurs bébés à naître, merci de faire de Sainte-Justine un lieu de confiance, d’amour et d’espoir. Notre institution peut offrir les meilleurs soins humains, grâce à vous.

Bonne fête des Mères à toutes les mamans! ♥

GB1 0639
© Geneviève Beaupré