Mon histoire avec Sainte-Justine a débuté la nuit du 15 octobre 1980. C’est dans une salle d’accouchement du quatrième étage bloc 9 que j’ai vu le jour. Je ne m’en rappelle certainement pas, mais cette date fait maintenant bien partie de ma vie. Au fil des années, Sainte-Justine a toujours été présent, pour une raison ou une autre, dans ma vie.

Parfois de loin, ma mère y a travaillé pendant des années et parfois plus intimement, lors de mes visites à l’urgence ou lorsque que je suis allé voir ma sœur hospitalisée. 

C’est à la toute fin des années 90 que j’y ai fait mon retour. Étudiant, je cherchais un emploi et c’est tout naturellement à Sainte-Justine que j’ai postulé un emploi de préposé à l’entretien ménager. Suite à une formation de trois jours, j’ai obtenu au début de l’été mon premier poste aux soins intensifs.

Pour la première fois de ma vie, je découvrais un univers dont je ne connaissais rien, mais qui m’a impressionné de par sa complexité, ses victoires, ses peines mais surtout sa force surhumaine de résilience. 

Les années suivantes furent parmi les plus belles de ma vie. Les corridors de l’hôpital ont été témoins de périodes importantes pour moi : ma naissance, le soir de mon dernier examen à l’université, le lendemain de mes fiançailles, l’avant-veille de mon mariage, le soir où ma compagnie PUR vodka fut nommée pour la première fois en 2009 « Meilleure vodka au monde » par le World Vodka Masters de Londres.

En finissant l’université, je croyais que mes jours à laver les planchers arrivaient à leur fin. Ce que je ne savais pas c’est que j’étais bien plus proche de mon arrivée que de ma sortie.
 
J’ai tenté plusieurs fois de partir de Sainte-Justine. La première fois était à la fin de mon baccalauréat afin de trouver un « vrai » travail, la seconde était au tout début de Pur Vodka. Tel un enfant qui retourne à la maison après un coup dur de la vie et que la mère prend dans ses bras, j’ai repris mon travail les deux fois.

Ayant subi un échec catastrophique lors de ma première expérience en affaires et étant refusé par toutes les institutions financières afin d’obtenir un prêt pour me relancer en affaires, j’ai dû travailler beaucoup plus longtemps que prévu comme préposé à l’entretien.

Les années ont passé et finalement, c’est grâce au support inconditionnel de mon épouse Karolyne, de ma famille et à mon emploi à Sainte-Justine si j’ai réussi, de peine et de misère, à autofinancer la mise sur pied de Pur Vodka.

Quelques années après avoir donné ma démission, j’y retournais cette fois-ci pour les plus belles journées de ma vie : La naissance de ma première fille Victoria, suivie quelques années plus tard de celle de Charlotte puis, dans quelques semaines, j’y retournerai pour la naissance de notre fils Raphaël.

Cependant, j’y ai aussi vécu des journées de stress, d’incertitudes et de peur. Quelques années après la naissance de Victoria, nous avons appris qu’elle était atteinte d’une maladie incurable, la maladie cœliaque, et face à l’inconnu, autant Karo que moi étions abattus face à cette maladie dont nous ne connaissions absolument rien.

Une fois de plus, Sainte-Justine était là pour moi, pour nous. Sans le soutien et le travail exceptionnel des membres du service de gastroentérologie, hépatologie et nutrition, jamais nous n’aurions pu être si confiants face à ce diagnostic.

Je suis extrêmement fier d’arrimer le lancement de ma nouvelle compagnie, MAINFORTE, avec l’annonce d’un don de 25 000 $ à la Fondation. Ce don, je l’avais comme objectif lors de chacun de mes quarts de travail à laver les planchers. Je travaillais fort pour financer le lancement de mon entreprise et en tête, bien que ce fut plus long et complexe que prévu, je savais qu’un jour, je redonnerais à cet hôpital qui m’a tant donné. Toute mon équipe ainsi que moi-même sommes reconnaissants de pouvoir à notre tour prêter main-forte. 

Aujourd’hui, en devenant un donateur de première ligne, j’ouvre la porte d’un nouveau chapitre dans l’histoire que je partage avec le CHU Sainte-Justine. Ce don est, je l’espère, un premier de plusieurs qui viendront soutenir la Fondation à poursuivre sa mission, essentielle pour tous les enfants du Québec.

Nicolas Duvernois, papa et entrepreneur

*Les propos tenus dans cet article n’engagent que la personne signataire et ne doivent pas être considérés comme étant ceux de la Fondation CHU Sainte-Justine.