Vivre dans l’incertitude

Lorsque les outils communs d’investigation ne permettent pas d’identifier la maladie d’un enfant, on envisage parfois un test plus poussé : le séquençage génomique. Ce dernier consiste à analyser l’ADN d’un patient dans le but d’y repérer de minuscules défauts pouvant expliquer ses symptômes.

Dans 40 % des cas, un diagnostic est finalement atteint. Pour les autres, la suite se change parfois en une longue quête de réponses, appelée « odyssée diagnostique ». D’une durée moyenne de 5 à 7 ans, cette période d’incertitude peut générer impuissance et anxiété autant chez les parents, qui ignorent comment évoluera la santé de leur enfant, que chez les équipes soignantes, qui ne peuvent offrir des soins pleinement adaptés.

Un enjeu de santé prioritaire

Une maladie rare touche moins de 1 personne sur 2 000 ; une maladie ultra rare, 1 personne sur 50 000. Même si chacune de ces maladies ne touche qu’une poignée d’enfants, elles sont collectivement très nombreuses. Au Canada, 1 enfant sur 15 en est affecté, ce qui en fait un enjeu de santé de haute importance pour le CHU Sainte‑Justine.

Le village entier à la recherche d’une réponse

C’est pour changer la trajectoire de vie de ces enfants et grâce au soutien financier déterminant de la Fondation Azrieli qu’a été lancé DECODE(u)R (DÉploiement COncerté d’évaluations pour le Diagnostic de maladies rares Et Ultra Rares).

Ce projet a pour but d’affiner les méthodes de diagnostic en tirant profit des technologies existantes et émergentes. Notamment, grâce à l’appui de Power Corporation du Canada — qui contribue depuis de nombreuses années à faire progresser la génomique translationnelle à Sainte‑Justine —, un appareil sophistiqué utilisé par l’équipe de DECODE(u)R permet de lire d’un seul coup de plus longues sections de l’ADN, ce qui peut révéler des variations génétiques complexes que d’autres appareils ne parviennent pas à détecter.

Ces nouvelles technologies nous apportent beaucoup d’espoir de trouver des réponses pour des enfants qui, souvent, sont gravement malades.
Dr Jacques Michaud Directeur du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte‑Justine, et co-directeur de DECODE(u)R

Le projet a pris une ampleur remarquable à travers les années : son équipe compte aujourd’hui une trentaine de professionnels soudés et déterminés à changer le visage des maladies rares.

Le pouvoir d’une idée révolutionnaire

En unissant les expertises du CHU Sainte‑Justine et de The Hospital for Sick Children, de même que leur centre de recherche de calibre mondial, DECODE(u)R représente parfaitement l’essence du Partenariat en santé de précision pédiatrique, qui vise à élever les soins offerts aux enfants de tout le pays. L’un des trois piliers du Partenariat est justement d’optimiser l’utilisation de la génomique pour mener à des diagnostics plus précoces et des interventions personnalisées pour chaque enfant.

Depuis son coup d’envoi en 2023, grâce à un don historique de 50 millions $ de la Fondation Azrieli, l’essor du Partenariat ne fait que s’accélérer. Avec l’ajout d’une contribution déterminante de la famille Pathy et d’un généreux soutien de la Fondation de la famille Birks, notamment, 21 projets ont déjà pu être soutenus. Ces derniers ont mené à des avancées scientifiques sur l’épilepsie, les cardiopathies congénitales, les cancers pédiatriques, la détection d’arythmies potentiellement graves et bien d’autres sujets prioritaires.

« Ce partenariat vital, que nous bâtissons ensemble, n’est pas viable sans le soutien de la philanthropie », a déclaré le Dr Michaud lors du 2e symposium du Partenariat, qui s’est tenu au CHU Sainte‑Justine au printemps dernier. « Merci de nous aider à redéfinir les soins de santé pour les enfants et à transformer la vie de générations. »

Debout sur une scène, devant un écran présentant les deux hôpitaux partenaires, cinq personnes sourient en regardant la caméra.
Stephen Scherer, chef de la recherche à SickKids ; Jennifer Bernard, présidente-directrice générale de la Fondation SickKids ; Naomi Azrieli, présidente de la Fondation Azrieli ; Delphine Brodeur, présidente et directrice générale de la Fondation CHU Sainte‑Justine et Jacques L. Michaud, directeur du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte‑Justine. © CHU Sainte‑Justine (Véronique Lavoie)
Une femme prend la parole en souriant, à un lutrin.
Naomi Azrieli, présidente de la Fondation Azrieli, a souligné toute l’envergure de la collaboration « entre deux institutions de calibre mondial, fondée sur la confiance, la science ouverte et une ambition commune : que les enfants partout au Canada méritent des réponses plus rapides, des soins plus personnalisés et de meilleurs pronostics. » © CHU Sainte‑Justine (Véronique Lavoie)